Fondateur de la colonie de Providence, aux confins de la Nouvelle-Angleterre, et avocat énergique de la liberté de conscience. Né en Angleterre, Roger Williams fit des études à Cambridge et se fit très tôt une idée sévère du radicalisme puritain. Il émigra en Amérique en 1630, mais se heurta à l'intransigeance des Bostoniens, auxquels il opposa sa conviction de l'incompétence des autorités civiles en matière religieuse.
Williams est proche des « Pilgrims », en même temps qu'il acquiert une bonne connaissance des Indiens voisins. Après des heurts multiples avec les autorités de Boston, il fonde, en 1636, Providence ; à partir de là, ses compagnons (notamment W. Coddington) créent les établissements de Portsmouth (1638), de Newport (1640) et de Warwick. L'hostilité de la Confédération de la Nouvelle-Angleterre conduit Williams à aller chercher en Grande-Bretagne une charte, qu'il obtient en mars 1644, pour protéger les colonies et plantations de Providence contre les puritains de Massachusetts Colony ; il fait confirmer et aménager cette charte au cours d'un second voyage londonien en 1652. À la faveur de son premier retour à Londres, il avait publié son célèbre pamphlet The Bloody Tenet of Persecution for Cause of Conscience.
Gouverneur d'une colonie qui a pris le nom de Rhode Island à partir de 1654, Williams y accueille, dès 1656, les quakers persécutés à Boston. À la fin de sa vie, il est douloureusement impliqué dans les « guerres indiennes » et doit intervenir dans de nombreux conflits, tant en Nouvelle-Angleterre qu'à Rhode Island.
Dans ses nombreux ouvrages (édités par Narragansett Club of Providence, 6 vol., Providence, 1866-1874), Williams prend parti contre les Églises d'État, et notamment contre les catholiques européens en présentant ceux-ci comme des figures de l'Antéchrist, tandis que sa jeune communauté est interprétée à partir de l'image, typiquement millénariste, de « la femme dans le désert » (Apocalypse, xii).
Bernard ROUSSEL
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