Roger Excoffon a largement participé au renouveau de la création typographique intervenu en France dans les années 1950. « En moins de quinze années, la conjonction de Roger Excoffon avec la fonderie Olive a doté la France de ce qu'elle n'avait jamais connu depuis la „belle époque“ de Georges Auriol et de Georges Peignot, au début de ce siècle », note Maximilien Vox dans le catalogue de l'exposition organisée par la Monnaie de Paris en 1986, trois ans après sa mort à Paris en 1983. Mais son œuvre de typographe, aussi remarquable soit-elle, ne doit pas faire oublier ses autres réalisations dans le domaine de l'affiche, dans celui de la publicité ou de la peinture, qui lui valurent l'hommage de grands créateurs comme Savignac ou Georges Mathieu.
Issu d'une famille de minotiers et de magistrats, Roger Excoffon est né à Marseille en 1910. Après avoir entrepris des études de droit pour lesquelles il avoue n'avoir aucune prédisposition, il décide finalement de se consacrer à sa seule passion : la peinture. Il « monte » alors à Paris où il pratique le dessin et la peinture en fréquentant plusieurs académies libres. Fuyant les écoles afin d'échapper à tout enseignement didactique, il se fait fort de se préserver de toute influence et de forger son propre style. « Je ne cherche que la perfection, mais quelle souffrance ! », confie-t-il alors à son épouse Madie. « Il faut savoir s'arrêter pour écouter une note de musique, un chant d'oiseau, détailler une fleur. Oisiveté, peut-être, mais indispensable pour arriver à l'état de grâce, déclic de la Créativité », lui avoue-t-il encore. Après la guerre débute pour lui une nouvelle aventure dans le monde de la Lettre, de l'affiche, de la publicité. Il entre à la fonderie Olive en 1945, où il ne créera pas moins de neuf caractères en plomb, dont le fameux Mistral, l'Antique Olive, le Chambord, le Nord, qui furent plus tard tous repris en photocomposition et en transfert. Le Mistral, qui inscrit le libre tracé de la cursive dans la géométrie stricte du plomb, fut certai […]
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