
L'ancienne capitale du Rouergue est devenue, lors de la création des départements en 1790, préfecture de l'Aveyron. Elle comptait 23 900 habitants en 2005, mais formait avec huit communes voisines, dont Onet-le-Château, une Communauté d'agglomération de 53 785 habitants. Ce pôle urbain actif recrute une partie de sa main-d'œuvre dans une vingtaine de communes environnantes. Dans un département confronté à la dépopulation et au vieillissement, sa bonne santé démographique relative contraste avec la stagnation ou les pertes enregistrées dans d'autres foyers d'activité, comme Millau et, surtout, le bassin de Decazeville, durement touché depuis les années 1960 par la fermeture des charbonnages et des usines métallurgiques.
Sur un site d'oppidum dans une boucle de l'Aveyron, au contact des Causses et des Ségalas, la ville fut très tôt un centre actif d'échanges investi de fonctions politiques et administratives qui l'ont imposée comme une petite capitale de province rayonnant sur l'ensemble de l'actuel département de l'Aveyron. Au xixe siècle, Rodez pâtit de son isolement ; si le chemin de fer l'atteint en 1864 venant d'Aubin-Decazeville, il faut attendre 1903 pour qu'une voie ferrée assure la liaison avec Toulouse, après la construction du viaduc du Viaur, aux limites de l'Aveyron et du Tarn. Aujourd'hui encore, les liaisons routières avec Toulouse par la R.N. 88 restent longues et difficiles, et l'aménagement autoroutier de cet axe est une revendication majeure des élus de Rodez, qui militent pour son prolongement ultérieur vers Lyon à travers le Massif central. En attendant, cette route permet une connexion avec le grand axe autoroutier de l'A75, achevé avec l'inauguration du viaduc de Millau en décembre 2004, ce qui permet d'atteindre beaucoup plus facilement Clermont-Ferrand, Béziers et Montpellier. Cet enclavement relatif a peut-être favorisé un développement local plus autonome : dans la région Midi-Pyrénées, Rodez est en effet la seule « ville moyenne » aussi éloignée de l'agglomération toulousaine, ce qui la protège un peu de la concurrence de celle-ci dans le domaine des commerces et des services, mais ne lui permet pas de profiter d'éventuelles retombées de son dynamisme.
Centre de services actif, la ville a été dotée de bons équipements hospitaliers, scolaires et universitaires. En même temps que Rodez se modernisait (rocade, aéroport de Marcillac...) tout en mettant en valeur son centre historique, d'importantes zones d'activités artisanales ou industrielles étaient aménagées en périphérie, attirant une grande variété d'entreprises (équipement automobile à Onet-le-Château, machines-outils à Rodez, industries agroalimentaires, technologies de l'information et de la communication...).
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