À la fin des années 1960, des groupes de rock qui veulent s'affranchir de la forme classique « refrain-couplet » laissent libre cours à leur inventivté et n'hésitent pas à allonger la durée des morceaux. Ils sont influencés par jazz, le hard rock ou la musique indienne.
Au début des années 1970, la pop music cherche de nouvelles voies. Les Beatles ont exploré des sonorités littéralement inouïes en utilisant le synthétiseur (Being for the Benefit of Mr. Kite !), en élaborant des orchestrations empruntées à la musique classique occidentale (She's Leaving Home, A Day in the Life ; ces trois titres, composés par Paul McCartney et John Lennon, figurent dans l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, juin 1967) et en faisant fréquemment référence à la musique indienne.
Cette même année 1967, The Moody Blues, groupe britannique de rhythm and blues, changent de cap avec l'album Days of Future Passed, qui utilise le mellotron, sorte de sampler* primitif : cet instrument électromécanique permet de reproduire le son de divers instruments « classiques », parmi lesquels le violon (et la flûte à bec, comme dans l'introduction de Strawberry Fields Forever des Beatles, 1967). En 1969, Pink Floyd s'essaye aux longues pièces à résonances psychédéliques (Ummagumma).
Les groupes anglais de rock progressif veulent sortir de la forme couplet-refrain, considèrent la virtuosité instrumentale comme un gage de qualité et souhaitent s'affranchir de l'after* beat (ils commencent à introduire des mesures à 5/4 ou à 7/8, par exemple).
Genesis, emmené par le chanteur-flûtiste Peter Gabriel, emprunte ses thématiques à la tradition du non-sens des comptines anglaises et théâtralise son show. Emerson, Lake & Palmer revisite Moussorgski en trio à l'aide de l'orgue Hammond et du synthétiseur Moog (Pictures at an Exhibition, 1972, d'après Tableaux d'une exposition). Yes utilise les harmonies vocales, une multitude de claviers, des instruments acoustiques, dont la guitare à douze cordes ; l'ancien groupe de folk rock cherche à […]
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