5. Altération des roches ultrabasiques
Bien que ne couvrant pas de grandes surfaces en comparaison des matériaux aluminosilicatés classiques de la lithosphère, les roches ultrabasiques présentent un intérêt certain sur le plan des phénomènes d'altération superficielle, notamment dans les domaines géochimique, cristallochimique et métallogénique.
• Analyse géochimique et cristallochimique des phénomènes
La pauvreté en aluminium des roches ultrabasiques conduit à distinguer une série géochimique évolutive bien spécifique appelée série sifémique (Georges Pédro, 1969), les éléments essentiels étant la silice et le magnésium, le fer venant en troisième position. Or, du fait de son caractère de cation basique (pK = 12,2), le magnésium est mobile dans toutes les conditions physico-chimiques du milieu ; comme la silice l'est aussi, les différents types de l'évolution résultent de la vitesse d'élimination relative de l'un par rapport à l'autre dans l'horizon en voie d'altération. En associant les données expérimentales à celles qui sont recueillies sur le terrain, le problème se présente aujourd'hui comme suit.
La silice peut partir au moins aussi vite que le magnésium, soit (SiO2) ≥ (MgO) ; c'est ce qui se produit lorsque les eaux d'altération circulent rapidement au contact des roches. Du point de vue des manifestations de l'altération, deux cas sont alors à considérer :
– Si la roche de départ est pauvre en fer, l'évolution se traduit par une solubilisation notable des minéraux sans apparition d'une phase solide résiduelle ; elle se trouve donc à l'origine de la mise en place dans le paysage d'une sorte de morphologie « karstique » (cf. karst).
– Si la teneur en fer devient plus importante, l'altération conduit à libérer, en même temps que la silice et le magnésium sont exportés, le fer des roches, qui, dans de telles conditions de milieu, s'accumule sur place et s'individualise à l'état d'hydrates et d'oxydes (goethite, hématite) indépendants. Une telle é […]
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