3. Origine des roches ultrabasiques
L'étude des différents gisements et associations auxquels participent les roches ultrabasiques dégage clairement le fait que ces roches peuvent avoir deux origines distinctes. Dans un cas, elles résultent d'une séparation par gravité des premiers minéraux (olivine puis pyroxènes) ayant précipité dans des magmas basaltiques de diverses compositions, injectés à des profondeurs variables dans la croûte. Dans le second cas, les lherzolites (en massifs ou en nodules) auraient été enlevées aux couches qui forment le manteau supérieur, zone qui s'étend sous la discontinuité de Mohorovičić jusqu'à 400 kilomètres de profondeur. Cette hypothèse se fonde sur les données fournies par l'observation directe, confrontées aux résultats des expériences de laboratoire, et sur l'étude plus générale de la constitution physique du globe terrestre ; les recherches sur la vitesse de propagation des ondes sismiques ont en effet abouti à la conclusion que le manteau supérieur serait, pour sa plus grande part, constitué par une péridotite comparable aux lherzolites à spinelle ou à grenat observées à la surface. Comme il est également démontré que les magmas basaltiques prennent naissance dans le manteau supérieur, toute étude concernant les roches ultrabasiques doit apporter un élément de réponse à deux questions fondamentales qui restent posées aux pétrologues, à savoir : celle de la composition primaire et de l'évolution du manteau supérieur et celle de la genèse des magmas basaltiques à partir de la péridotite constituante. Les recherches ont permis l'élaboration d'un modèle, encore très perfectible, mais qui a le mérite de proposer une solution globale à ces deux problèmes.
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