Colonisateur français appartenant à la haute noblesse languedocienne par son père et picarde par sa mère. Noble de cour (Clouet a fait son portrait, l'un des quelque trois cents qui se trouvent à Chantilly), Roberval est cependant obligé de s'enfuir, en tant que protestant, en 1535, comme Marot dont il est l'un des protecteurs. La faveur royale lui permet un retour rapide d'exil, puis lui vaut, en 1540, la direction de la troisième expédition de Jacques Cartier avec le titre de lieutenant général au Canada. François Ier lui accorde une subvention de 45 000 livres. En raison de la lenteur des préparatifs, il ne peut partir avec Cartier en 1541. Lorsque Roberval se rend au Canada en juin 1542, le Malouin, qu'il rencontre à Terre-Neuve, est déjà sur le chemin du retour avec une cargaison considérée par ce dernier comme fabuleuse. La colonisation de Roberval sur le site de Québec (probablement le site choisi par Cartier) échoue cependant à la suite d'un hiver très dur et des heurts à l'intérieur de la colonie, où voisinent nobles de cour, grandes dames et condamnés de droit commun. Roberval lance au printemps 1543 une expédition sur le Saint-Laurent, dont on sait peu de choses sinon qu'elle n'a pas dépassé le site de Montréal. Les minerais « précieux » se révèlent au retour sans intérêt et valent au Canada un durable discrédit. Ruiné, Roberval passe une vieillesse obscure, marquée par une série de procès. Il meurt assassiné par un groupe de catholiques lors d'une sortie nocturne à Paris. Le récit de l'expédition a laissé une durable impression sur ses contemporains. Rabelais, la reine de Navarre, Marot, André Thevet et d'autres ont maintes fois utilisé ce témoignage parfois haut en couleur.
Jean MEYER
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