Issu de la gentry du Norfolk, député aux Communes en 1702, Robert Walpole est pendant toute sa vie politique demeuré fidèle au « parti » whig. Plusieurs fois ministre avant 1717, il domine la vie politique anglaise à partir de 1721 et jusqu'en 1742. Ses opinions le favorisent à une époque où la jeune dynastie de Hanovre craint le jacobitisme et se méfie des tories. Il bénéficie d'amitiés précieuses à la cour, en particulier, au temps de George II, de la fidélité de la reine Caroline. Chef parfois contesté de son parti, il s'assure de faciles majorités au Parlement en usant sans scrupules de toutes les formes de la corruption. Alors que les souverains se désintéressent souvent des affaires anglaises, il peut donner au cabinet une existence réelle et, sans autre titre que celui de chancelier de l'Échiquier, jouer le rôle d'un véritable Premier ministre : il niera encore en 1741 avoir droit à ce titre, qui lui est pourtant généralement reconnu dans les faits. À l'intérieur, il défend avec fermeté les acquis de la Glorieuse Révolution et s'oppose aux réformes politiques souhaitées par l'opposition, comme le raccourcissement de la vie du Parlement, fixée à sept ans depuis 1717. Soucieux de la prospérité économique de la Grande-Bretagne, il croit pouvoir l'assurer par une politique extérieure de paix et de réconciliation avec la France, et ses vues pacifistes rejoignent opportunément celles du cardinal de Fleury dans le royaume voisin. Il s'attire pourtant sur ce point des reproches d'une croissante vigueur, et un parti belliciste, conduit en particulier par Pitt l'aîné, l'oblige à déclarer la guerre à l'Espagne en 1739. Affaibli par la mort de la reine, et malgré le soutien de George II, Walpole s'incline en 1742 devant un vote parlementaire et démissionne. Il est fait alors comte d'Orford.
Roland MARX
Retour en haut



