Architecte américain né en 1925 à Philadelphie, Robert Venturi s'est imposé à partir des années 1960 comme l'une des figures marquantes du mouvement critique à l'égard du Style international. Sous ce rapport mais avec des prémisses très différentes, son rôle a été comparable à celui de l'architecte italien Aldo Rossi qui appartient d'ailleurs à la même génération. Largement enracinée dans la culture architecturale et urbaine américaine, son œuvre a cependant éveillé des échos en dehors des États-Unis car Robert Venturi a su dépasser le contexte proprement américain et proposer une architecture combinant emprunts à la culture de masse et références érudites.
1. Le théoricien de l'ambiguïté architecturale
Formé à l'université de Princeton (New Jersey), Robert Venturi a séjourné entre 1954 et 1956 à l'Académie américaine de Rome, ce qui lui a permis d'acquérir une connaissance directe et approfondie des grandes œuvres du patrimoine architectural maniériste et baroque. À son retour, il travaille pour Louis Kahn et devient son assistant à l'université de Pennsylvanie à Philadelphie. Il fait alors la connaissance de Denise Scott Brown qui deviendra son épouse. Née en Zambie en 1931, élevée en Afrique du Sud, celle-ci a obtenu son diplôme d'architecte à Londres à The Architectural Association, puis a complété sa formation à l'université de Pennsylvanie. En 1964, Robert Venturi fonde avec John Rauch une agence à laquelle Denise Scott Brown s'associe en 1967. Ce partenariat a duré jusqu'au départ de John Rauch, en 1989.
C'est d'abord comme théoricien et critique de l'architecture fonctionnaliste que Robert Venturi s'est fait connaître. Publié en 1966, Complexity and Contradiction in Architecture est un plaidoyer en faveur d'une architecture ambiguë. Considérant essentiellement l'architecture comme un objet de perception visuelle, Robert Venturi propose une esthétique de la juxtaposition de motifs d'origine et d'échelle différentes, mais devant aboutir à ce qu'il appelle « la dure obligatio […]
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