Initié à la recherche ethnographique au Mexique, Redfield fait paraître son premier ouvrage, Tepoztlán, a Mexican Village, en 1930. Attaché de recherches à l'Institut Carnegie, puis professeur et recteur de la faculté des sciences sociales de Chicago, Redfield dirige pendant seize ans des recherches dans le Yucatán et au Guatemala.
Ses principaux ouvrages sont consacrés à la culture indienne au Mexique : Chan Kom : a Maya Village (1934), écrit en collaboration avec l'anthropologue mexicain Alfonso Villa Rojas, The Folk Culture of the Yucatan (1941) et A Village That Chose Progress (1950, Un village qui choisit le progrès), dans lequel il retranscrit les transformations constatées à Chan Kom depuis son premier séjour. Sur le plan théorique, sa principale contribution est l'élaboration (en collaboration avec R. Linton et M. J. Herskovits) du concept d'acculturation qui allait se révéler d'une grande fécondité.
Dans ses dernières études, qui traitent des civilisations de la Chine et de l'Inde, Redfield expose sa théorie des civilisations, conçues comme des systèmes culturels interdépendants, se différenciant en « grande » et en « petite » traditions. La grande tradition incarnée par l'élite intellectuelle, et son système d'idées embrassant la philosophie, la science et les beaux-arts, modifie le caractère de la petite tradition, celle des communautés restreintes, telle qu'elle s'exprime dans la religion, dans l'art et la culture populaires. Les analyses menées dans Little Community (1955) et dans Peasant Society Culture (1956) montrent les paysans vivant dans de petites sociétés, en quelque sorte dans des tribus, mais des tribus touchées par la civilisation urbaine et par la grande tradition.
Yvan BARBÉ
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