3. L'historien du fascisme
Enseignant de 1969 à 1997 à l'université Columbia, Paxton a continué de creuser son sillon. Avec Michaël Marrus, il publie en 1981 un ouvrage de référence sur Vichy et les Juifs qui, au même titre que les travaux de Serge Klarsfeld, participe d'une mise au jour de la politique antisémite d'État, longtemps oblitérée.
Élargissant son propos, il veut comprendre et expliquer le fascisme. Il commence par étudier le cas français, à partir de l'exemple des « Chemises vertes » du leader paysan Henry Dorgères ; mais c'est pour mieux montrer les raisons de l'échec d'un fascisme à la française. La même démarche heuristique guide sa synthèse sur le fascisme, The Anatomy of Fascism (2004). Il se refuse ainsi à partir d'une définition, d'une essence, et décrypte processus et configurations, en insistant, d'abord, sur l'articulation entre les élites en place et un parti nationaliste fondé sur les masses ; on mesure ce phénomène dans la politique toute pragmatique des leaders fascistes lors de la conquête du pouvoir. Dans la phase suivante, la figure de l'ennemi (dont la forme est fonction de la culture nationale) devient force de mobilisation et la violence, dans sa propre logique, devient motrice. Approche globalisante donc, mais s'attachant dans le même temps à la diachronie et aux mécanismes ; la démarche profondément historienne d'un parcours intellectuel à l'évidence cohérent.
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