Comme Eiffel, Roebling et Freyssinet, également constructeurs de ponts célèbres, Maillart était un ingénieur (diplômé du Collège technique de Zurich où il sera ensuite professeur). Les architectes les consultaient sur des points « techniques », mais ils refusaient de les considérer comme étant des leurs. C'est pourquoi ce que l'architecture doit à ces ingénieurs est toujours plus ou moins occulté, non seulement par les historiens de l'architecture, mais par les architectes même qui appliquent néanmoins avec retard leurs différentes découvertes. Or ce que la modernité architecturale, au moins depuis le rationalisme, aura mis en évidence, c'est que les questions « techniques » sont en architecture plus que de simples questions techniques. Sauf à faire une architecture de théâtre (qui masque la fonction de l'édifice et n'obéit pas à la raison ou à la vérité du matériau employé), il n'est pas possible de dissocier « mise-en-forme » et « structuration » d'un bâtiment.
Avec Maillart, il est précisément question d'un matériau, le béton armé, dont il aura expérimenté les nombreuses possibilités. Maillart comprit très tôt la nature de son élasticité : le ciment résiste bie […]
