3. Retour à la photographie
Malgré son implication forte dans le cinéma, Robert Frank doit sa célébrité à la diffusion de son œuvre de photographe, confortée dès 1974 par une première rétrospective au Kunsthaus de Zurich et son entrée l'année suivante dans l'Histoire de la photographie éditée par Aperture, à New York. L'importante exposition Moving Out, montée en 1994 par la National Gallery of Art de Washington voyagera l'année suivante à Zurich, Amsterdam, New York et à Yokohama. Le Centre culturel suisse de Paris inscrit, au Mois de la photo 1996, la rétrospective Robert Frank, photographies de 1941 à 1994. En 2003, la Corcoran Gallery of Art de Washington fait redécouvrir avec London/Wales le talent du jeune Robert Frank, qui portait au début des années 1950 un regard contrasté sur deux versants de la société britannique. Frank reçoit encore le prix Erich Salomon de la Société allemande de photographie en 1985, le prix international de la photographie par la Fondation Hasselblad de Göteborg en 1995 et le premier prix Cornell Capa de l'International Center of Photography de New York en 2000. En 2004-2005, l'exposition Robert Frank présentée par la Tate Modern de Londres occupait l'intégralité de ses onze salles pour un circuit chronologique et le Centre Georges-Pompidou a également accueilli, en 2007, une rétrospective des films et des vidéos de Robert Frank.
Reléguée au second plan de son activité de créateur, la photographie n'a jamais été totalement abandonnée par Robert Frank, qui fait un retour effectif à la prise sur la réalité à la faveur du projet collectif de Dominique Eddé sur le centre-ville de Beyrouth en 1991. Robert Frank adopte dès le début des années 1970 le procédé instantané Polaroid qu'il utilise comme carnet de notes ou de voyage. Ces images en noir et blanc ou en couleur trouvent place dans les éditions de livres et les expositions, au même titre que les photogrammes de films qu'il monte en artiste plasticien.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



