Né dans une famille de Champagne, Robert, à quinze ans, devint moine à Moutier-la-Celle, près de Troyes ; à vingt ans, il en était prieur. Vers 1068, il fut élu abbé de Saint-Michel de Tonnerre. Il ne s'y plut pas et revint dans son monastère, d'où, en 1073, on l'envoya gouverner le prieuré de Saint-Ayoul de Provins. À Tonnerre, Robert avait rencontré les ermites de la forêt voisine de Collan ; ils l'invitèrent à partager leur vie pauvre et retirée. Robert accepta. Dès 1075, il entreprenait avec eux la fondation d'un nouveau monastère à Molesmes. Le succès fut immédiat et si grand que Robert se trouva placé à la tête d'un ordre monastique alors qu'il rêvait d'une vie pauvre et simple. En 1082, il accueillit l'écolâtre de Reims, maître Bruno, à Sèche-Fontaine, une dépendance de Molesmes. Celui-ci en partit au bout d'un an pour aller se retirer en Chartreuse. Par deux fois, Robert quitta Molesmes pour de nouveaux essais ; il réussit le troisième en 1098 : avec une vingtaine de moines animés du même idéal que lui, il alla fonder un nouveau monastère au sud de Dijon, dans les marais de Cîteaux. Mais, dès l'année suivante, sur la plainte des moines de Molesmes, Robert reçut du légat […]
