L'Américain Robert C. Merton, a reçu le prix Nobel d'économie en octobre 1997, en même temps que son compatriote Myron Scholes, pour avoir élaboré une « méthode d'évaluation des instruments financiers dérivés ».
Cette méthode d'évaluation a certainement accéléré la croissance rapide des marchés des instruments financiers dérivés depuis les années 1980 et permis l'amélioration de la gestion des risques attachés à ces nouveaux produits financiers. Mais devait-on vraiment récompenser des travaux qui ont contribué à rendre plus complexes et plus opaques les marchés financiers ?
Robert Merton a sans conteste contribué à ouvrir une voie nouvelle dans le champ des sciences économiques et fortement influencé les deux autres lauréats. Né en 1944 à New York, il quitte le California Institute of Technology avec un mastère en mathématiques appliquées. Il obtient par la suite un doctorat en sciences économiques au Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) de Cambridge, sous la direction de Paul Samuelson (Prix Nobel 1970) et se spécialise dans les problèmes d'application des méthodes probabilistes à l'évolution aléatoire des cours des actifs financiers. En 1988, il occupe la chaire George Fischer Backer de professeur en « Business Administration » à la Harvard Business School de Cambridge.
Le travail novateur de Merton date du début des années 1970, période pendant laquelle il élabore une méthode originale de calcul de la valeur des instruments dérivés. À l'origine, les « produits dérivés » n'étaient que des promesses négociables d'achat ou de vente, les deux actes fondamentaux du commerce, qu'il suffisait d'échanger pour éviter d'avoir à les tenir. Ils se sont développés dès l'ouverture du Chicago Board of Trade en 1865, et concernaient alors toutes les marchandises susceptibles de variations de prix importantes. Ce furent d'abord les matières premières, plus tard les indices boursiers, les taux d'intérêt et les devises. À partir des années 1980, les produits dérivés font partie int […]
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