Le plus grand poète écossais. Fils d'un pasteur d'Alloway (Ayrshire), Robert Burns vécut toute sa vie en Écosse, d'abord dans son comté natal, connu aujourd'hui des touristes sous le nom de Burns Country, puis à Édimbourg de 1787 à 1791. Il se fixa ensuite à Dumfries où il mourut des suites d'une beuverie. La vie de Burns fut très mouvementée car elle fut jalonnée d'aventures sentimentales, tragiques ou scabreuses, avant son mariage avec Jean Armour en 1788.
Le premier recueil de ses poèmes fut publié à Kilmarnock en 1786, le second imprimé à Édimbourg en 1787. Burns, d'abord considéré comme une sorte de « poète-paysan », apparut vite comme le grand poète national.
L'instruction était d'un haut niveau en Écosse au xviiie siècle et Burns, dans la ferme paternelle, avait beaucoup lu. On connaît ses lectures qui font une large place à la littérature classique anglaise (le Spectator, les poèmes de Pope), à la littérature à la mode (le sentimentalisme de Sterne ou les poèmes d'Ossian). Mais Burns admire aussi les poètes écossais. Tout de suite après l'union avec la Grande-Bretagne, il y eut, à Édimbourg, un renouveau littéraire et surtout poétique sous l'impulsion d'Allan Ramsay (1686-1758). Libraire et poète, celui-ci tenait boutique littéraire et autour de lui se forma un cénacle de jeunes talents. Allan Ramsay édita les anciens poètes écossais des xve et xvie siècles, les chaucériens écossais de la cour du roi poète d'Écosse Jacques Ier (1394-1437) et leurs successeurs. Il donna aussi leur chance aux plus jeunes poètes. Entre sa génération et celle de Burns, la poésie écossaise reconnut aussi en Robert Fergusson (1750-1774) son chef de file.
La poésie de Burns n'est donc pas un phénomène unique. Il est l'héritier d'une tradition nationale qui lui a légué une langue poétique. Comme ses prédécesseurs, Burns écrit à la fois en anglais et en dialecte écossais. Il est d'ailleurs plus à l'aise dans le second. Cette langue est un dialecte anglais du Nord, le Lawlan Scot, c'est-à-dire le dialec […]
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