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ROBERT BELLARMIN saint (1542-1621)

Cardinal italien et théologien jésuite, proclamé docteur de l'Église en 1931. Distingué par ses maîtres durant ses études, il est désigné prédicateur de controverse et professeur de théologie au collège jésuite de Louvain (1569-1576). Il lutte contre Baïus et les théologiens louvanistes, avant d'être rappelé à Rome pour la chaire de controverse du nouveau Collège romain ; mêlé aux disputes théologiques du temps (sur la grâce, sur le pouvoir du pape), Bellarmin se livre aussi à des tâches politiques (théologien du cardinal Gaëtani, il est envoyé en France par Sixte-Quint, en 1590, pour protéger les intérêts catholiques auprès du roi de Navarre, le futur Henri IV) et érudites (édition dite « sixto-clémentine » de la Vulgate) qui lui valent, en 1599, l'élévation au cardinalat. Très actif dans les querelles sur la grâce, il défend le molinisme dans les congrégations romaines de auxiliis. Écarté de Rome par Clément VIII, qui lui donne en 1602 l'archevêché de Capoue, il y revient en 1605, sous Paul V dont il défendra les droits contre les prétentions locales des théologiens vénitiens (Paolo Sarpi), anglicans et gallicans. Très actif jusqu'à sa mort, il prend part à la condamnation de Galilée (1616), publie plusieurs écrits ascétiques et aide François de Sales à faire approuver la fondation de la Visitation. Il est canonisé en 1930. Sa contribution la plus originale à la théologie catholique est certainement son enseignement sur l'Église et sur sa compétence politique, où il soutient le pouvoir indirect du pape sur le temporel (ce qui fit mettre à l'Index, pendant quelques années, son principal ouvrage, le traité des Controverses) : le pape n'a pas à exercer une action temporelle directe ; il doit toujours agir par la médiation des princes légitimes, qui ne tiennent d'ailleurs leur pouvoir que du consentement populaire et non par droit divin. Son enseignement sur la grâce est moins original, mais Bellarmin a su y conformer à la tradition de l'Église les thèses les plus audacieuses de Molina. Théologien de la « science moyenne » et adversaire du gallicanisme, il est resté, pendant longtemps, le théologien jésuite le plus écouté et il a connu, après le Ier concile du Vatican, un renouveau d'influence.

Jean-Robert ARMOGATHE

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