Chimiste américain d'origine polonaise né le 18 juillet 1937 à Złoczów (Pologne). Rescapé des massacres antisémites nazis, Roald Hoffmann peut, avec sa mère, quitter la Pologne en 1946 ; il arrive finalement aux États-Unis en 1949. Il effectue ses études supérieures à l'université Harvard (Cambridge, Massachusetts), où il obtient, en 1962, un doctorat préparé sous la direction de William Nunn Lipscomb (Prix Nobel de chimie 1976). Après sa thèse, il occupe un poste de chercheur à l'université Harvard, puis, en 1965, il est nommé professeur associé à l'université Cornell à Ithaca (New York) et professeur titulaire en 1968.
Durant son séjour à Harvard, Hoffmann travaille à la mise au point d'une « méthode de Hückel généralisée » afin d'évaluer les énergies des orbitales des molécules. C'est en 1965 que paraît sous sa signature et celle de Robert Burns Woodward, une série de cinq articles dans lesquels est présenté ce qui est depuis connu sous le nom des règles de Woodward-Hoffmann. Ces règles, fondées sur le principe de la conservation de la symétrie des orbitales, se fondent sur la méthode des orbitales frontières et permettent d'interpréter et de prévoir le déroulement de toute une classe de réactions chimiques que l'on désignait auparavant comme des réactions sans mécanisme, car leurs processus ne rentraient dans aucune des catégories alors reconnues. Le succès des règles de Woodward-Hoffmann a accru l'intérêt des chimistes de synthèse pour la prise en compte des facteurs orbitalaires, et en particulier pour la méthode des orbitales frontières de Fukui. À partir de 1974, Hoffmann s'est intéressé à la chimie des composés organométalliques, puis à la chimie de l'état solide.
Roald Hoffmann a partagé avec Kenichi Fukui le prix Nobel de chimie en 1981.
Georges BRAM
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