2. Les rendements de la riziculture
La fourchette des rendements obtenus à l'hectare et par personne est particulièrement ouverte. Cultivé en sec et de façon extensive, dans le cadre d'agricultures itinérantes sur brûlis telles qu'elles sont encore parfois pratiquées dans les montagnes de l'Asie, le riz donne des rendements de l'ordre de 5 quintaux à l'hectare (q/ha). En revanche, les rizicultures intensives, reposant sur l'irrigation, peuvent permettre d'obtenir de 140 à 150 q/ha en tenant compte de la possibilité de réaliser deux récoltes par an sur la même parcelle avec des variétés à haut rendement à cycles végétatifs plus courts (moins de 5 mois). Afin de parvenir à de tels résultats, il convient de pouvoir mettre en œuvre les différentes techniques et les divers intrants de la « révolution verte » : utilisation de semences sélectionnées à haut potentiel de rendement ; emploi d'engrais et de produits de traitement souvent onéreux (herbicides, insecticides, fongicides...). Cela implique aussi des apports d'eau suffisants et importants. La « révolution verte » appliquée à la riziculture a été globalement un succès : elle a permis d'écarter la famine de bien des campagnes asiatiques. Ses conséquences sociales ont été parfois critiquées dans la mesure où elle a d'abord et davantage profité aux paysans les plus riches. Toutefois, il a été démontré que les paysans les plus pauvres des régions ayant adopté les techniques de la « révolution verte » disposent d'un niveau de vie supérieur à celui des pauvres des campagnes non touchées par cette révolution.
La progression des rendements semble s'essouffler depuis les années 1990 dans différentes régions à un moment où les rythmes d'accroissement démographique, bien qu'en cours de ralentissement, demeurent encore élevés : localement des problèmes d'approvisionnement en intrants et en eau d'irrigation se posent.
Entre ces formes de production très extensives et très intensives, toutes les situations intermédiaires existent avec des rendements de l'ordre de 20 q/ha pour les rizicultures pluviales pratiquées en Birmanie, en Indonésie ou à Madagascar, de l'ordre de 30 q/ha pour les rizicultures inondées pratiquées le long des grands fleuves au Cambodge ou en Thaïlande, et supérieurs à 60 q/ha pour les rizicultures irriguées de la Chine méridionale, de l'Inde méridionale ou du Japon.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



