2. Les rituels « life-crisis » ou rituels individuels
Les rituels qui soulignent les étapes majeures de la vie d'un individu présentent, dans des sociétés très diverses, la structure tripartite propre aux rites de passage. Ainsi, la naissance, la puberté sociale, les fiançailles et le mariage, la grossesse et l'accouchement, les funérailles sont l'occasion de « crises » individuelles, mais ont aussi une issue qui prend une valeur stratégique pour le groupe. C'est pourquoi tant de sociétés ont marqué rituellement de tels changements d'état dans le flux continu du devenir individuel et ont pris en charge la transition d'un état social à un autre. Par exemple, la section du cordon ombilical à la naissance, aussi bien dans les sociétés paysannes d'Occident que dans d'autres continents, constitue un rite de séparation de l'enfant vis-à-vis de son milieu antérieur (la mère et l'autre monde), ce moment de séparation étant suivi par une phase liminale ( la « liminalité » peut toucher aussi les parents, soumis, par exemple, à une réclusion temporaire), puis par une agrégation définitive au groupe social, qui souvent s'achève par la dation d'un nom à l'enfant. De même, les cérémonies de mariage, dans de nombreuses sociétés, s'ordonnent selon la même séquence tripartite : les « rapts » rituels simulés, par exemple, loin d'être les survivances d'anciennes institutions, visent à marquer la séparation par rapport à l'univers antérieur ; puis le mariage, par là souvent relié aux initiations pubertaires, fait passer de la société enfantine à la société adulte, d'une famille à une autre, ou même d'un village à un autre ; enfin, l'intégration peut être soulignée par des rituels variables (repas en commun, échange de cadeaux, etc.). Quant aux funérailles, elles s'articulent, d'une façon remarquablement constante, selon un schéma identique : la phase de séparation du défunt d'avec le monde des vivants (comportant par exemple la destruction symbolique de sa maison) est suivie d'une période de mise en marge accentu […]
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