2. Le Risorgimento romantique
Les traités de 1815 replacent l'Italie dans l'état territorial d'avant 1792 et l'absolutisme est restauré, sous la tutelle de l'Autriche.
• Les sociétés secrètes
Derrière la façade de la réaction metternichienne, l'élite des patriotes n'a pas renoncé à son idéal. Comme l'opposition directe ou la polémique ouverte sont impossibles, ils agissent sur deux fronts : la culture et l'action clandestine des sociétés secrètes et des complots.
Pendant la première moitié du xixe siècle, les intellectuels italiens posent le débat libéral et national en face de la réaction conservatrice catholique, dont le porte-parole est Joseph de Maistre. Jusque vers 1830, ils s'expriment dans les revues littéraires ou économiques, diffusant des thèmes historiques, traitant de sujets pratiques d'agronomie et s'inspirant du libéralisme bourgeois de Mme de Staël. Ainsi le groupe milanais du Conciliatore, avec Silvio Pellico, Berchet Federico Confalonieri ; ainsi le cénacle florentin de l'Antologia, avec Vieusseux, Tommaseo, Capponi et Sismondi. Leur action en profondeur a été considérable sur la formation des hommes qui, à la génération suivante, réaliseront l'unité.
Les masses populaires avaient accepté avec indifférence la Restauration. Une opposition se fit jour chez un certain nombre d'aristocrates, de prêtres libéraux et, surtout, parmi les anciens fonctionnaires et officiers « nostalgiques » de l'Italie napoléonienne. Sur le modèle de la franc-maçonnerie, ils se groupèrent en sociétés secrètes, comme celles des carbonari et des federati piémontais et lombards. La culture politique des membres des sectes était passablement sommaire et se bornait, le plus souvent, à une haine violente de l'absolutisme et de l'Autriche. Jusqu'en 1830, ils animèrent une série de mouvements séditieux, isolés et sans lien, tous voués à l'échec.
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