Laid mais intelligent, le prince Riquet a le pouvoir de donner de l'esprit à celle qu'il aimera. Une princesse stupide mais belle dispose du don de rendre beau l'homme qu'elle choisira pour mari. Les deux jeunes gens finissent par se rencontrer et par échanger esprit contre beauté. Tel est le sujet du septième récit du recueil de Contes de ma mère l'Oye (1697). Pendant deux siècles et demi, on n'y a vu qu'un texte de fabrication lettrée, caractéristique de la veine allégorique et précieuse dont on raffolait dans les salons fréquentés par Charles Perrault et par sa cousine Mlle Lhéritier. C'est seulement en 1964 que deux chercheurs (G. L. Fink, dans la revue Freundsgabe, et M. L. Teneze, dans le tome II du Catalogue raisonné du conte populaire français) ont émis l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'une version, très altérée, du conte Le Nom du diable qui porte le numéro 500 dans la classification internationale Aarne-Thompson (Rumpelstilzchen des frères Grimm).
Dans la tradition orale, le diable conclut un pacte. Il accomplit une tâche impossible — par exemple filer en une seule journée une chambre pleine de filasse —, mais la fil […]
