L'immense estuaire (36 500 km2) du río de La Plata constitue l'embouchure des fleuves Uruguay et Paraná. Long de 250 kilomètres, large d'une centaine à la hauteur de Montevideo, mais d'une profondeur toujours inférieure à 10 mètres, il sépare l'Argentine de l'Uruguay et constitue un obstacle pour la navigation : à peine recouvertes d'une mince épaisseur d'eau par la dernière transgression marine postglaciaire, d'épaisses alluvions l'encombrent ; ces alluvions ont été transportées, déposées, remontées au cours des phases successives de creusement et de remblaiement qui jalonnent l'histoire morphologique de l'estuaire. De plus, la charge actuelle du Paraná reste importante. Aussi a-t-il fallu creuser un chenal de plus de 100 kilomètres, en permanence dragué, pour permettre l'accès au port de Buenos Aires de grands navires. Une immense agglomération industrielle s'étend entre l'embouchure et la ville de La Plata. Montevideo est aussi difficile d'accès, mais le trajet pour atteindre la haute mer se limite à une vingtaine de kilomètres. Un troisième chenal, proche de la côte uruguayenne, permet de gagner le río Uruguay et le bras principal du delta intérieur qu'a construit […]
