1. Auteur
Rigoletto (1851) marque un tournant dans la carrière de Verdi. Le compositeur italien a alors déjà écrit une douzaine d'ouvrages, dont Nabucco, son premier grand succès (1842), mais les trois chefs-d'œuvre de sa «trilogie populaire» - Rigoletto ; Le Trouvère et La Traviata (1853) - lui confèrent gloire et fortune. Suivent Un bal masqué (1859), La Force du destin (1862), Don Carlos (1867) et Aïda (1871), notamment. Après une retraite de la scène, Verdi donne ses deux derniers chefs-d'œuvre lyriques, Otello (1887) et Falstaff (1893), qui confirment son étonnante faculté de renouvellement.
2. Genre - Opéra
Après Rossini, qui abandonne la scène lyrique en 1829, la relève de l'opéra italien est assurée par Bellini (1801-1835), et par Donizetti (1797-1848), qui opère la synthèse entre un bel canto déclinant et le drame romantique. Par son sens dramatique, ses nouveaux thèmes - politiques et sociaux -, son écriture orchestrale et vocale de plus en plus recherchée, la profonde humanité qu'il confère à ses personnages, l'attention croissante qu'il accorde au traitement musical de leur psychologie, Verdi transformera peu à peu l'opéra romantique italien en drame lyrique.
3. Forme - Opéra mélodramatique
Pour la première fois, dans Rigoletto, Verdi atteint à la perfection de son art : les airs, plus rares que dans ses précédents ouvrages, sont toujours pensés en fonction de la situation des personnages ; le chant est chargé de mettre l'âme humaine à nu. La mélodie, d'une grande richesse, est alliée à une puissante efficacité dramatique. Rien n'est superflu dans les arias, duos et ensembles. Rigoletto, en particulier, exprime souvent sa souffrance par un récitatif chanté, qui contribue à assurer la continuité dramatique.
4. Esthétique
Le succès de Verdi est dû à sa maîtrise exceptionnelle de l'expression vocale. La structure traditionn […]
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