Richard Widmark n'a jamais été une grande vedette, et n'a jamais obtenu d'oscar, si ce n'est une citation. Peu de vedettes et de récipiendaires de trophées peuvent cependant s'enorgueillir d'une carrière d'une pareille qualité. Quel que soit son rôle, principal, secondaire ou épisodique, quel que soit son emploi, « méchant » ou « bon », il se montrait toujours juste, sans la moindre « bavure ». Capable d'interpréter des rôles aussi divers que celui d'un psychopathe, d'un intellectuel, d'un tueur, d'un médecin, d'un militaire ou d'un homme d'affaires, il trouvait toujours le ton qui convenait au personnage.
Richard Widmark avait un jeu tout à la fois tendu et désinvolte, physique et intellectuel, instinctif et cérébral. Il était autant à l'aise dans le rôle d'un individu dominé par ses sentiments que dans celui d'un individu qui les contrôle, dans l'interprétation d'un personnage sympathique comme totalement antipathique, sans qu'il y ait hiatus, la différence de jeu restant des plus subtiles. Si bien qu'il excellait dans les rôles de « méchants » et de personnages « rongés de l'intérieur », comme le fils à la recherche de l'assassin de son père de Backlash (Coup de fouet en retour, 1956) de John Sturges, l'officier confédéré borgne obsédé par l'idée de perdre l'autre œil d'Alvarez Kelly (1969) d'Edward Dmytryk, ou encore le policier lancé à la poursuite suicidaire d'un assassin qui lui a échappé dans Madigan (1968) de Donald Siegel.
Né le 26 décembre 1914 à Sunrise dans le Minnesota, Richard Widmark joue, dès le lycée, dans des pièces de théâtre. Après avoir obtenu son diplôme en art, il mène, à l'université, de 1936 à 1938, une activité d'instructeur en art dramatique. Il entreprend ensuite une carrière d'acteur à la radio, où il se produira dans des quantités d'épisodes de programmes. Durant la Seconde Guerre mondiale, à cause d'un tympan crevé, il sert au théâtre aux armées. Démobilisé, il fait, en 1943, ses débuts professionnels sur les planches, à Broadway, dans Kiss and Tell.
Ce n […]
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