Psychiatre allemand. Après des études de psychologie et de médecine en Suisse, puis en Allemagne où il est l'élève de Griensinger, Krafft-Ebing est nommé professeur de psychiatrie, successivement à Strasbourg, à Graz et enfin à Vienne, où il remplace Meynert en 1889. Quoique peu favorable aux premiers travaux de Freud sur les névroses (« Ça ressemble à un conte de fées scientifique », déclare-t-il après la conférence de celui-ci sur l'« étiologie de l'hystérie », le 2 mai 1896), il cherche, néanmoins, à favoriser sa carrière universitaire en briguant pour lui, en 1897, avec Nothnagel et Hochwart, le grade de professeur adjoint (mais, en raison de l'antisémitisme viennois de l'époque, cela n'empêche pas Freud d'être récusé).
L'enseignement psychiatrique de Krafft-Ebing reste très classique. Il attache beaucoup d'importance aux facteurs héréditaires dans l'étiologie des maladies mentales, suivant en cela les idées de Morel et de Magnan, son contemporain parisien. Mais c'est surtout dans le domaine des troubles sexuels que Krafft-Ebing apporte une contribution clinique originale avec son livre, Psychopathia sexualis (1886), où il étudie, en particulier, les incidence […]
