Né à Londres, établi aux États-Unis à partir de 1938, Richard Leacock entreprend des études de physique, puis devient pendant la Seconde Guerre mondiale opérateur du documentariste Willard Van Dyke sur To Hear Your Banjo Play (1941). Il continua de travailler avec Van Dyke après avoir été l'opérateur de Robert Flaherty pour Louisiana Story (1948). Il passe ensuite à la réalisation avec Toby and the Tall Corn (1954), consacré à un théâtre ambulant. Cette expérience lui permet de mesurer les difficultés du tournage mobile avec un matériel lourd. En 1958, Robert Drew lui propose de se joindre à l'équipe qu'il a réunie en 1954 sous le patronage du groupe de presse Time-Life, avec Albert et David Maysles et Don Alan Pennebaker, sous le nom de Drew Associates. Le groupe, qui se propose de promouvoir une nouvelle forme de journalisme filmé, éclate dès 1961 à la suite de désaccords, et Richard Leacock le quitte en 1963. Pendant cette courte période de cinq ans, au cours de laquelle le matériel s'allège, et qui est exactement contemporaine de la flambée du cinéma-vérité en France et au Canada, l'équipe a réalisé une série de films qui révolutionnent l'esthétique et la pratique du reportage. Alors que les Français pensaient plutôt « cinéma », les Américains, du fait du but qu'ils s'étaient assigné, pensaient plutôt « télévision », mais les deux expériences, en dépit de vigoureuses empoignades (M.I.P.-TV de Lyon, mars 1963) résultant d'un désaccord sur les fins, ont contribué pareillement à la naissance d'un nouveau courant documentaire, comparable en importance au mouvement documentariste britannique. Nombre de films de la Drew Associates réalisés avant la rupture de 1963 sont devenus des classiques. Citons en particulier : Primary (la campagne de Kennedy pour les primaires, en collaboration avec A. Maysles, R. Drew et D. A. Pennebaker, 1960) ; Yankee No ! (en collaboration avec R. Drew, A. Maysles et D. A. Pennebaker, 1960) ; Eddie Sachs at Indianapolis (en collaboration avec A. Maysles et R. Drew, 1960-1961) […]
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