Fils cadet de Richard d'York, frère d'Édouard IV, Richard, duc de Gloucester, semble avoir loyalement assisté celui-ci pendant son règne. Après la mort de son frère en mai 1483, il est proclamé régent du royaume pour le compte de son neveu, Édouard V, alors âgé de treize ans. S'étant débarrassé du parti de la reine en faisant exécuter les plus fidèles alliés de celle-ci, Richard fait emprisonner le jeune roi et son frère à la Tour de Londres
, accrédite la fable d'une naissance illégitime des deux princes ; il est l'objet de sollicitations plus ou moins spontanées auxquelles il cède le 26 juin en se faisant proclamer roi ; il est sacré dix jours plus tard ; on suppose qu'il fit assassiner ses deux neveux pour prévenir toute contestation ultérieure. Ses droits lui sont disputés au nom de son usurpation, mais aussi parce que la jeune dynastie des York n'a pas été admise par les « légitimistes » lancastriens. Richard III doit faire face à des révoltes et à des complots incessants que mènent de grands aristocrates, soucieux de protéger leurs droits et leurs biens contre un souverain aisément accusé de tyrannie et d'abus de pouvoir. Son principal adversaire est Henri Tudor, comte de Richmond, qui a l'habileté de rappeler ses liens de parenté avec les Lancaster et de préparer très tôt un mariage avec Élisabeth d'York, sœur des princes assassinés. Rejoint par de nombreux vassaux, Richmond livre à Richard la dernière bataille de la guerre des Deux-Roses et il est vainqueur à Bosworth le 22 août 1485 : trahi par celles de ses troupes que commande Stanley, le roi livre un combat désespéré, immortalisé par Shakespeare dans une de ses pièces politiques, Richard III, « fléau de Dieu ». La mort du roi laisse le trône à son adversaire ; les Tudors s'emploieront à noircir la réputation de Richard et à justifier ainsi leur propre usurpation.
Photographie
Les Enfants d'Édouard, P. Delaroche Hippolyte dit Paul DELAROCHE, Édouard V, roi mineur d'Angleterre et Richard, duc d'York, son frère puîné, dit "Les Enfants d'Édouard", huile sur toile. Musée du Louvre, Paris.
Crédits: Erich Lessing/ AKG Consulter
Roland MARX
Retour en haut



