Monté sur le trône à l'âge de dix ans, Richard II connaît un règne particulièrement troublé qui se termine tragiquement. Longtemps soumis à la tutelle légale, puis à la tutelle de fait de son oncle Jean de Gand, il entre dans l'histoire comme le souverain de la « révolte des paysans » de 1381 : son intervention personnelle contribue au rétablissement de l'ordre social. Proclamé majeur en 1389, il entend exercer une autorité jalouse, veut ignorer les intérêts des puissants féodaux, faire fi de certains intérêts des élites sociales représentées au Parlement. Une première tentative tyrannique marque le début de son règne personnel, puis en 1396 commence sa « seconde tyrannie ». Organisant un gouvernement central fort, il s'appuie localement sur des shérifs soigneusement sélectionnés, utilise son sceau personnel pour hâter la transmission d'édits et de lettres patentes, organise une garde personnelle d'archers, fait pression sur le Parlement quand il veut bien le réunir, n'hésite pas à faire arrêter et condamner ses principaux adversaires ; en février 1399, il dépouille de son héritage Henri Bolingbroke, héritier légitime de Jean de Gand. Les confiscations, les emprunts plus ou moin […]
