Fils d'un puritain passionné, Crashaw commença à étudier la rhétorique et l'art poétique à la Chartreuse de Londres. Selon Lloyd, son premier biographe (Mémoires, 1668), Robert Brook, directeur de la Chartreuse, à qui Crashaw rend hommage dans un poème placé en exergue à ses Épigrammes sacrées (1634), lui fit découvrir « les meilleurs orateurs et poètes » et l'entraîna à la pratique poétique à l'aide d'exercices d'imitation.
À partir de 1631, à Cambridge, Crashaw commença l'étude du grec, du latin, de l'hébreu, de l'espagnol et de l'italien. Il y écrivit, peu après son arrivée, quelques poèmes élégiaques et publia en 1634 l'Epigrammatum sacrorum liber (Livre d'épigrammes sacrées), recueil de poèmes en latin inspirés des Écritures où les convictions anglo-catholiques (High Church) du poète s'affirment très sensiblement. Par ailleurs, le compliment placé en tête des Épigrammes adressé à son maître Tournay, partisan convaincu de l'anglo-catholicisme, et les critiques qu'il fit l'année suivante des puritains qui voyaient dans le pape l'Antéchrist, témoignent de l'orientation nouvelle de sa pensée religieuse. Il fut d'ailleurs élu « fellow » en 1635 à Peterhouse, bastion de l'anglo-catholicisme.
En 1643, avec la guerre civile, Crashaw, royaliste convaincu, préféra quitter Cambridge avant d'y être contraint par les puritains. Il se rendit alors en Hollande, à Leyde, pour y retrouver une communauté religieuse. Il regagna cependant l'Angleterre en 1644 et y rencontra la comtesse de Denbigh, de la suite de la reine Henriette Marie, qu'il accompagna l'année suivante à Paris. 1645 est aussi la date probable de sa conversion au catholicisme. Il retrouva en France le poète Abraham Cowley qu'il avait connu à Cambridge et qui admirait en Crashaw et son génie poétique et la force de ses vertus chrétiennes. Crashaw publia en 1646 Les Marches du temple, poèmes sacrés, écrits en anglais, suivis des Plaisirs des Muses, d'inspiration plus séculière, où des poèmes de circonstances (célébrations de naissances, ép […]
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