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BROOKS RICHARD (1912-1992)

Le premier film de ce cinéaste des intentions généreuses, Cas de conscience (Crisis, 1950), est une dénonciation des dictatures ; Bas les masques (Deadline U.S.A., 1952, avec Humphrey Bogart) défend la liberté de la presse ; Le Cirque infernal (Battle Circus, 1953) et Sergent La Terreur (Take the High Ground, 1953, avec Richard Widmark) peignent les horreurs de la guerre ; c'est le système scolaire qui est en cause dans Graine de violence (The Blackboard Jungle, 1954) ; Le Carnaval des dieux (Something of Value, 1956) se veut un plaidoyer antiraciste ; Elmer Gantry (1960) montre les méfaits du charlatanisme religieux ; De sang-froid (In Cold Blood, 1967) s'en prend à la peine de mort. Œuvres lourdes et naïves, à l'exception d'Elmer Gantry le charlatan, qui doit beaucoup au travail de l'opérateur John Alton et à une admirable interprétation (Burt Lancaster, Jean Simmons). On lui doit aussi deux adaptations fort réussies de Tennessee Williams : Doux Oiseau de jeunesse (Sweet Bird of Youth, 1962) et surtout La Chatte sur un toit brûlant (Cat on a Hot Tin Roof, 1958)La Chatte sur un toit brûlant, de R. Brooks, 1958 et une transposition honorable de Conrad : Lord Jim (1965). Avec Elmer Gantry, son meilleur film reste Les Professionnels (The Professionals, 1966), western plein de mouvement où se révèle enfin ce plaisir de filmer qui fait le charme des cinéastes américains : c'est, d'ailleurs, une parabole très courageuse, à son époque, sur la guerre du Vietnam. La suite de la carrière de Brooks a beau avoir été inégale (on en détachera au moins Dollars, excellente comédie, 1971, et La Chevauchée sauvage — Bite the Bullet, 1975), il mérite mieux que le regard condescendant porté sur lui par la critique. Rares sont ceux de ses films où il n'y a pas au moins un moment de cette robuste franchise stylistique qui atteint à la beauté et le relie aux grands « primitifs » américains.

La Chatte sur un toit brûlant, de R. Brooks, 1958 Photographie

La Chatte sur un toit brûlant, de R. Brooks, 1958 Elizabeth Taylor et Paul Newman dans «La Chatte sur un toit brûlant» (1958), de Richard Brooks, d'après la pièce de Tennessee Williams.

Crédits: Metro-Goldwyn-Mayer/ Collection privée Consulter

Jean TULARD

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Écrit par :  Paul ALESSANDRINIGérard JOURD'HUIPhilippe JUGÉChristian LEBRUN

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La Chatte sur un toit brûlant, de R. Brooks, 1958

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