En 1990 paraît à Buenos Aires Critique et fiction (Crítica y ficción), un livre d'entretiens dont le titre résume bien les deux lignes de force de l'œuvre de l'écrivain argentin Ricardo Piglia : « En ce qui concerne la critique – affirme-t-il –, je pense que c'est une des formes modernes de l'autobiographie. On écrit sa vie quand on croit écrire ses lectures. » Dans l'œuvre de cet écrivain, né à Adrogué en 1941, discours critique et fiction s'interpénètrent constamment. On en veut pour preuve, par exemple, l'intérêt qu'il porte aux écrits de Roberto Arlt (1900-1942), dont débattent certains personnages de Respiration artificielle(Respiración artificial, 1980), où l'influence de Arlt sur la littérature argentine est mise en parallèle avec celle de Borges. Piglia a préfacé les Cuentos completos de Arlt parus à Buenos Aires en 1996, et considère cet écrivain comme l'initiateur de la modernité littéraire en Argentine. Par ailleurs, une des nouvelles de Faux Nom (Nombre falso, 1975) – où la critique a vu un retour de la littérature « à contenu » face à une écriture qui, à l'époque, semblait avant tout préoccupée d'elle-m […]
