Peter Reyner Banham est l'historien de l'architecture le plus intimement lié aux interrogations de cette discipline dans l'après-guerre. Né à Norfolk en 1922, il travaille quelque temps dans l'industrie aéronautique tout en collaborant à la rubrique artistique de divers journaux de l'est de l'Angleterre. Il s'établit à Londres en 1949 pour entreprendre des études d'histoire de l'art au Courtauld Institute que dirige Anthony Blunt. Nikolaus Pevsner le pousse à reprendre l'étude de l'histoire de l'architecture là où la quittait son Pioneers of the Modern Movement, vers 1910, ce que fait Banham mais à contre-pied des thèses de son maître. Son travail de doctorat, Theory and Design in the First Machine Age en 1960, s'applique à mettre en évidence les limites du rationalisme des architectes modernes, leur manque de formation aux véritables questions techniques, leur formalisme classicisant qui, estime-t-il, derrière le masque d'une théorie à caractère logique, ne permit jamais au Style international de se libérer du poids de l'émotion et du sentiment artistique.
Toute sa vie, Banham se tient dans une complicité critique à l'égard des architectes modernistes et de ses amis eux-mêmes. Il devient le théoricien malgré lui – et la mauvaise conscience – de cette génération qu'on désigne comme celle des brutalistes. Critique (à The Architectural Review de 1952 à 1964, au New Statesman puis à New Society), professeur à la Bartlett School de l'University College (au sein de laquelle règne un esprit pluridisciplinaire, attaché à l'analyse des méthodes et des processus, et où est créée pour lui, en 1969, la première chaire d'histoire de l'architecture de Grande-Bretagne), Reyner Banham tient aussi avec sa femme Mary, le dimanche matin, une sorte de salon réunissant artistes et architectes liés à l'Independant Group et au mouvement pop dont, après l'exposition collective de 1956 This Is Tomorrow à la Whitechapel Art Gallery, il apparaît comme l'un des principaux porte-parole. Son ouvrage The New […]
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