C'est au milieu du xixe siècle que se stabilise le périodique professionnel d'architecture, genre hétérogène au confluent de la presse technique, de la presse professionnelle et de l'édition d'art. La revue d'architecture diffuse des éléments de théorie et des prises de positions doctrinales, des vues d'édifices et des dessins techniques, et enfin des informations professionnelles. Elle rassemble et ordonne en un seul support des contenus auparavant disséminés dans des périodiques artistiques, scientifiques ou destinés aux différents métiers du bâtiment.
Hormis pour les toutes premières revues, la planche gravée, puis la photographie sont constitutives du genre « revue d'architecture ». Comme le traité et le manuel technique, elle assure la circulation des images et met à la disposition du professionnel, jusque sur sa table de travail, un ensemble de solutions techniques ou de détails architecturaux, d'édifices qu'elle érige progressivement en modèles.
À la différence du traité ou du manuel, elle rend compte de l'actualité : Albert Morancé, éditeur de L'Architecture vivante (Paris, 1923-1933), l'a élégamment qualifiée de « livre en mouvement ». De livraison en livraison, une revue dessine une continuité plus ou moins infléchie par les changements de politique éditoriale. Souvent impliquées dans les milieux professionnels dont elles constituent l'un des instruments de cohésion et de consécration, les revues sont parfois entravées dans leur rôle de vecteurs de la critique et de la théorie architecturale. Offrant à l'historien une source précieuse, elles sont elles-mêmes depuis 1975 devenues des objets de recherche, qui peuvent contribuer à l'histoire des professions, des théories et des doctrines architecturales, des techniques, enfin à l'histoire de l'imprimé.
1. 1789-1839 : les débuts de la presse architecturale
• La presse architecturale allemande
L'impulsion devait venir d'Allemagne avec le lancement, en 1789, de la première revue d'architecture, l'Allgemeines Magazin für die B […]
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