13. Les généraux de Napoléon
À côté des briscards issus des armées de la Révolution, il y eut ainsi une minorité, certes, mais une minorité qui s'enfla peu à peu, de jeunes officiers issus des meilleurs familles. Ils furent commandés par des généraux eux aussi originaires des milieux de la moyenne bourgeoisie ou – pour un quart – de la noblesse ancienne. Souvent instruits de leur art sous la Révolution, ces généraux étaient des hommes encore jeunes – en moyenne quarante et un ans – sachant partager les périls de ceux qu'ils commandaient : Oudinot, par exemple, sera blessé vingt-trois fois. Bons tacticiens, excellents entraîneurs d'hommes, mais piètres stratèges, c'est ainsi qu'on les présente généralement ; c'est oublier Lannes ou Davout, gênés parfois dans leurs initiatives par la volonté de Napoléon de tout contrôler, de tout diriger.
Si certains de ces généraux et plus encore certains officiers subalternes conservaient, avec la nostalgie de l'an II, des sentiments républicains jusqu'à fomenter parfois des complots, tel celui de l'association secrète des Philadelphes, ils furent, pour la plupart, et avec eux les soldats, mais non sans grogne, dans la dévotion d'un Napoléon qui leur dispensait gloire, honneur et dons. Toutefois, avec l'âge, la multiplication des campagnes, une guerre qui ne semblait jamais devoir finir, beaucoup de ces généraux aspirèrent à la paix qui leur donnerait la possibilité de jouir enfin de leur fortune. Le « parti » des généraux et des maréchaux pèsera sur l'abdication finale.
Il reste que presque tous les officiers, souvent demi-soldes sous la Restauration, se feront les propagandistes de l'épopée napoléonienne qu'ils joignaient à celle, « niveleuse et conquérante », de la Révolution. Ils transporteront dans la société civile le mythe napoléonien créé par Napoléon à Sainte-Hélène et seront parfois les militants d'un bonapartisme qui profitera plus tard au prince-président Louis-Napoléon.
À observer cette armée de la Révolution et de l'Empire, l' […]
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