En matière de revenus et de patrimoine, le ménage – entendu au sens de l'ensemble des individus vivant sous un même toit – constitue une unité plus pertinente que l'individu. La chose s'entend d'elle-même en ce qui concerne le patrimoine dont, dans sa dimension immobilière au moins (qui est, de loin, la plus importante pour l'immense majorité des ménages), les différents membres du ménage jouissent de manière conjointe et souvent indivise. Ce choix s'impose aussi pour ce qui concerne les revenus qui, s'ils sont perçus individuellement, font cependant fréquemment l'objet d'une mise en commun au moins partielle pour faire face aux charges communes, lesquelles bénéficient de surcroît des économies d'échelle inhérente à la vie en ménage. C'est cette perspective que retiennent couramment les études statistiques portant sur les disparités de revenus et de patrimoine.
1. Les inégalités de revenus
On appelle revenu disponible d'un ménage l'ensemble de ses revenus (revenus d'activité, revenus patrimoniaux, revenus sociaux ou de transfert), déduction faite des prélèvements obligatoires (impôts directs et cotisations sociales) que le ménage et ses membres doivent acquitter. Pour tenir compte de la taille et de la composition du ménage, on rapporte ce revenu au nombre des unités de consommation dont il se compose, en établissant une échelle de consommation. La plus courante est l'échelle dite d'Oxford qui attribue une unité au premier adulte, 0,7 unité par adulte supplémentaire et 0,5 unité par enfant (jusqu'à 15 ans). Le revenu disponible par unité de consommation fournit ainsi un indice de son niveau de vie, au sens courant de l'expression.
Comment ont évolué les niveaux de vie relatifs des ménages des différentes catégories sociales depuis le milieu des années 1980 ? En particulier, qu'en est-il de la perception devenue commune d'une aggravation des inégalités sociales en la matière ?
Les données issues de l'enquête menée par l'I.N.S.E.E. sur les budgets des ménages en 1994-1995, rappor […]
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