11. Consommation intermédiaire et utilisation finale
Il semble évident que, lorsqu'on calcule la production d'un pays, on doit éviter de compter la même chose deux fois, ce qui nécessite qu'on ne tienne compte que de la production « finale ». Ainsi on comptera la valeur du pain produit par le boulanger mais pas celle de la farine de blé produite par le minotier. La consommation intermédiaire est un « coût de fabrication » et ne saurait en aucun cas être ajoutée aux biens finals lors du calcul du revenu.
Mais la question est loin d'être aussi simple qu'on le croit, car ce que nous appelons « processus de production » est en réalité un circuit qui se reproduit indéfiniment et dans lequel il n'y a pas vraiment d'utilisation finale. Le poulet mange le maïs, le paysan mange le poulet, c'est le paysan qui produit le maïs, et ainsi de suite : il y a boucle sans fin. En fait, c'est le théoricien du revenu qui décide où est le stade final, et de là découle la délimitation entre ce qui est consommation finale et ce qui est consommation intermédiaire. Mais dire quel est le stade final c'est en réalité trancher sur qui est le maître du monde.
Ainsi on a vu que, pour les physiocrates, la consommation des classes non productives (roi, nobles, militaires, artisans...) faisait partie de la consommation finale, tandis que la consommation des paysans était traitée comme un frais à déduire, un peu comme la paille que mange le bœuf.
Cependant, même lorsque tous les êtres humains sont traités sur un pied d'égalité en tant que consommateurs finaux, de nombreuses questions théoriques se posent, notamment en ce qui concerne l'État ou les administrations publiques.
Ainsi il y a eu un important débat, dans les années 1930, sur la question de savoir si certaines activités de l'État, comme celles de la police et de l'armée, devaient être considérées comme des utilisations finales ou comme des consommations intermédiaires. Les économistes hongrois Matolcsy et Varga, ainsi que l'Américain Kuznets, ont so […]
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