2. Le Nouveau Testament
Dans le Nouveau Testament, la révélation apparaît comme une « apocalypse », la manifestation d'un « secret caché dans les profondeurs de Dieu depuis l'origine des temps et maintenant dévoilé » (Éph., iii, 5). Ce secret, œuvre de la sagesse de Dieu, consiste dans la manifestation survenue en Jésus de Nazareth. Celle-ci, répondant aux deux valeurs du mot davar, est à la fois un événement qui plonge dans le silence de Dieu et une parole qualifiée de multiples façons : parole de grâce (Actes, xiv, 3), parole de réconciliation (II Cor., v, 10), qui réunit les juifs et les gentils, parole de salut (Actes, xiii, 26), parole de vie (Philipp., ii, 16), parole de fidélité (II Cor., vi, 7). L'Évangile de Jean précisera que cette parole est le Logos, la personne de Jésus même (Jean, i, 1), en qui la révélation s'est accomplie (Hébr., i, 1 ; Gal., i, 16). Toutefois cette révélation, bien que définitive (Hébr., x, 12-14), garde un mode d'obscurité ; comme l'exprimeront les Pères grecs (Origène, Grégoire de Nysse) en commentant la théophanie de Moïse à propos de celle de Jésus, la gloire de ce dernier s'est manifestée dans la nuée ; la révélation demeure voilée, « apophatique ». Elle demeure donc objet d'élucidation prophétique en ceci que la révélation ultime de Jésus lui-même reste toujours attendue pour le dernier jour. Close en tant que livrée dans le témoignage inspiré des Apôtres, la révélation ne sera cependant manifestée et descellée définitivement qu'à la fin des temps, lors du retour du Christ pour le jugement dernier. En attendant, l'Esprit-Saint est envoyé pour permettre aux fidèles d'entrer dans une compréhension toujours plus profonde du « mystère » du Christ.
Au cours du iie siècle, la gnose a renchéri sur cette notion de révélation, en concevant une sorte de révélation continue, en multipliant les révélateurs du mystère après la venue du Christ et en s'écartant de la révélation de l'Ancien Testament (Valentin, Marcion). Mais la tradition chrétienne a retenu avec saint Irénée que le « vrai gnostique » est celui qui pénètre l'économie de la révélation à partir de l'ensemble des Écritures et qui l'appréhende telle qu'elle a été confiée aux Apôtres, en attendant sa « récapitulation », lors du retour du Christ.
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