3. Enjeux et débats autour des retraites
Dans les médias et dans les discours de la plupart des gouvernements, le débat sur les retraites apparaît dominé par une sorte de théorème d'impossibilité selon lequel la seule solution serait de réduire le niveau des dépenses publiques de retraite en répartition pour faire davantage de place aux dispositifs en capitalisation. C'est autour de cette alternative centrale que tournent finalement nombre des débats sur les retraites. Sur cette question, il est frappant de constater un décalage entre l'idée communément admise selon laquelle il serait souhaitable de développer la capitalisation et les enseignements que délivre l'analyse économique, à la fois sur le plan théorique et empirique. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international – deux institutions peu suspectes a priori de faire la promotion des régimes publics de retraite en répartition – ont ainsi publié à peu près à la même époque deux documents dénonçant les mythes et les fantasmes véhiculés à propos des retraites. Sur la vingtaine de mythes recensés dans ces deux articles, plus de la moitié concernent les mérites supposés de la capitalisation.
• Le débat capitalisation-répartition
Sur le plan économique, un large consensus existe au sein des économistes pour reconnaître qu'il n'existe pas d'avantage évident de la capitalisation sur la répartition. On retiendra ici deux des principaux arguments avancés dans ce débat. Tout d'abord, la capitalisation ne permet pas de mieux faire face au vieillissement de la population. Tout système de retraite organise en effet un transfert au profit des personnes âgées. En répartition, ce prélèvement s'effectue sur les revenus du travail alors qu'en capitalisation il pèse sur les revenus du capital. Mais, à un instant donné, c'est toujours la même richesse globale qu'il s'agit de partager. L'analyse économique montre, au contraire, que loin d'apporter une solution au vieillissement démographique la capitalisation accentue les déséquilibres […]
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