4. Tendances actuelles de la restauration
• Le rôle du restaurateur
La restauration, dont le sens se restreint au fur et à mesure de l'évolution de l'histoire, ne peut avoir pour antidote la dérestauration. Comment l'époque actuelle définit-elle alors le rôle du restaurateur ?
Du vieillissement naturel de la matière aux mutilations volontaires, les marques du temps sur l'œuvre d'art situent toujours la restauration dans l'histoire. C'est pourquoi la préoccupation dominante reste le respect des témoignages que porte en lui tout objet qui a traversé plusieurs époques. Chacune d'elle a laissé un signe, qui est rarement sans valeur. La reconnaissance de cette réalité est inscrite dans la Charte de Venise et son principe s'applique désormais à toute intervention, qu'elle soit du domaine de l'architecture ou des objets d'art. La Charte, qui date de 1964, rend son sens à tous les éléments complexes juxtaposés, surajoutés aux œuvres d'art, et respectables dans leur valeur de témoins pour la connaissance objective du passé dans sa prise de conscience par le présent.
Considérant les erreurs des restaurateurs du passé et l'emprise à sens unique du couple restauration-dérestauration, l'intervention actuelle veut pouvoir être réversible. Dès la fin du xviie siècle, le restaurateur Carlo Maratta utilisait le pastel pour ses retouches, car il voulait garantir cette réversibilité. Cela serait en effet la seule garantie de pouvoir dissocier l'ajout de la restauration, restitution sculptée, surpeint, complément tissé ou brodé... sans risquer d'endommager la pièce originale, même si elle n'est plus donnée dans l'intégralité de son authenticité.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 16 pages…



