2. Histoire de la restauration
L'histoire de la restauration des objets d'art suit de près l'évolution des termes employés pour désigner cette activité.
• La restauration des peintures
Dès le xvie siècle, les mentions de restauration de peintures sont nombreuses. Cette opération est confiée à un peintre, et part donc du principe que la peinture contemporaine de la restauration est meilleure que celle de la création de l'œuvre.
En 1556, Jean van Scorel et Lancelot Blondeel sont chargés de repeindre le retable de L'Agneau mystique peint en 1432 par Jan van Eyck (cathédrale Saint-Bavon, Gand). Au cours du xvie siècle, et souvent moins d'un an après leur création, les grands ouvrages de peinture seront ainsi restaurés par des peintres dont certains se font une spécialité de ces retouches, comme Guerchin, Guido Reni ou Domenico Ghirlandaio. Les peintures de la chapelle Sixtine seront restaurées par Domenico Carnevale. En France, Primatice reprendra, à Fontainebleau, les deux tableaux de Raphaël conservés dans la collection royale, La Grande Sainte Famille et Saint Michel.
Jusqu'au xviiie siècle, les peintres assument ce rôle qu'ils estiment voisin du leur, celui de « rafraîchir », en les repeignant, quitte aussi à leur ajouter des détails pour les remettre au goût du jour, les tableaux des maîtres anciens. Cette mission est pourtant très tôt refusée par certains : c'est le cas de Vasari qui se scandalise de la légèreté avec laquelle on porte la main sur des œuvres respectables, ou de Guerchin qui estime valoir mieux qu'un « retoucheur ».
Au xviiie siècle, les traités de technique picturale font mention des préoccupations de restauration, en définissant le rôle des repeints, des revernissages de rajeunissement, des rentoilages et des marouflages, courants depuis le xviie siècle. Les premières transpositions datent, elles, du début du xviiie siècle, et le Français Jean-Louis […]
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