6. Obliger à la responsabilité ?
Dans bien des domaines de recherche, les scientifiques, et les médias qui leur font écho, ont placé la barre des miracles imminents si haut que l'actualité les a démentis presque aussitôt. Ainsi pour les applications de la génétique puisque les thérapies géniques n'existent toujours pas et que les plantes transgéniques se montrent rétives à la « maîtrise » qu'on promettait ; ainsi des fameuses cellules souches embryonnaires qui devaient remplacer chaque organe défaillant mais semblent plutôt induire des pathologies cancéreuses ; ainsi de façon plus générale de « la santé pour tous » promise par l'O.M.S. à l'échéance 2000, période qui correspond plutôt à l'apparition de nouvelles pathologies... On pourrait citer les miracles équivalents attendus vainement de l'industrie nucléaire ou, déjà, des nanotechnologies. Sans conteste les scientifiques, et singulièrement les plus réputés, ont une large part de responsabilité dans ces promesses exagérées dont ils tirent un certain profit (crédits, notoriété...). Il est étonnant que le public ne leur en tienne jamais rigueur, comme s'il était reconnaissant des rêves de lendemains qui chantent au moins autant que des progrès réels... L'anthropologue Marcel Mauss observait que « la magie a une telle autorité qu'en principe l'expérience contraire n'ébranle pas la croyance ; même les faits défavorables tournent en sa faveur... » Il n'est donc pas de raison pour que les gourous de la science se fassent prudents ou procèdent régulièrement à une autocritique des promesses. De plus, la formation des scientifiques exclut l'histoire des sciences et l'apprentissage de la réflexion philosophique si bien que les chercheurs ne voient rien d'autre dans leur métier que la contribution au savoir, sans céder à des préoccupations sociales. S'inquiétant de carences déontologiques de plus en plus fréquentes, le Comité consultatif national d'éthique français (C.C.N.E.) a souhaité que les futurs chercheurs soient amenés à […]
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