5. Les antitussifs
Les antitussifs – dont l'utilisation est largement répandue, bien qu'elle soit souvent illogique – sont toutefois prescrits dans le traitement des toux irritantes.
La toux est un acte réflexe déterminé par l'irritation des zones tussigènes (muqueuses pharyngée, trachéale ou bronchique). Le centre est localisé dans la partie dorsolatérale du bulbe. Les voies afférentes sont les nerfs pneumogastriques et sympathiques ; les voies efférentes sont les nerfs intercostaux, les nerfs phréniques et des filets bronchoconstricteurs du pneumogastrique. Par l'emploi de microélectrodes susceptibles d'enregistrer les décharges d'un seul neurone, R. Engelhorn et E. Wellers ont montré que les neurones de cet arc réflexe sont différents des neurones inspiratoires ou expiratoires. Chez le chat, l'excitation centripète du nerf laryngé supérieur provoque des réactions voisines de la toux et la décharge des neurones expiratoires spasmodiques, situés dans la partie dorsolatérale du bulbe.
On conçoit donc que la thérapeutique vise à interrompre l'arc réflexe en un quelconque de ses points, c'est-à-dire zones tussigènes, pneumogastrique, centre bulbaire :
– soit en inhibant les terminaisons sensorielles par anesthésie locale ;
– soit en diminuant l'excitabilité des éléments sensoriels par le bromoforme, l'orthoformiate d'éthyle, les préparations d'aconit ; contre le spasme de la glotte et la bronchoconstriction, on prescrit des antispasmodiques parasympatholytiques (belladone) ou spasmolytiques (comme la papavérine et la pentoxyvérine ;
– soit en déprimant le centre de la toux par la morphine, la codéine et leurs dérivés (codéthyline, pholcodine, dextrométhorpane), ou des substances synthétiques, tels le dibunate de sodium (Bécantex), le diphépanol et le diméthoxanate ;
– soit en s'opposant aux actions de l'histamine dans certaines toux allergiques par les antihistaminiques.
En conclusion, la pharmacologie du système respiratoire présente peu de spécificité. Les médications dérivent généralement des grands groupes pharmacologiques.
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