3. Tuberculose pulmonaire
L'infection tuberculeuse est une des plus graves et des plus redoutées qui aient frappé le genre humain, jusqu'aux découvertes du xxe siècle qui ont permis de la guérir à peu près totalement par les antibiotiques et de la prévenir par la vaccination. Elle a été ainsi nommée parce qu'elle donne lieu à la formation, à la surface ou à l'intérieur des tissus, de petites élevures blanc jaunâtre, arrondies, dénommées tubercules (de tuber, « truffe ») en 1560.
Ce fut tout d'abord par l'observation anatomique que les médecins du xixe siècle (Bayle et surtout Laennec) recueillirent des notions précises sur la tuberculose pulmonaire. Mais elles étaient toutes déroutantes ; la contexture des tubercules était variable : ferme, parfois dure avec des incrustations calcaires, ou molle, donnant occasionnellement issue à un liquide jaunâtre, épais, qui démasquait une cavité. La taille et le nombre des éléments étaient très différents : depuis les granulations « disséminées », à peine grosses comme un grain de mil (granulation miliaire), jusqu'aux tubercules de dimension un peu supérieure (tuberculose miliaire), ou à de gros tubercules pleins, isolés. Parfois ils s'enkystaient en « tuberculomes » qui avaient l'apparence extérieure d'une tumeur. On constatait aussi des zones d'inflammation diffuse dans un lobe du poumon, blanchâtres, d'aspect caséeux et qui s'ulcéraient par la suite. Aucun lien n'apparaissait entre ces diverses altérations, mais, dès 1819, Laennec montra que ces lésions différaient de toutes les autres maladies pulmonaires qui s'accompagnaient de consomption lente et que l'on désignait alors sous le nom de « phtisie » (du grec phtisis, « consomption »), quelle qu'en soit l'origine. Il s'agissait ici d'une phtisie tuberculeuse.
Pour aller plus loin, il fallut substituer l'expérimentation à l'anatomie. Villemin démontra (de 1865 à 1868) que les lésions de la tuberculose humaine étaient reproductibles chez les animaux (lapins, cobayes) par l'inoculation du tissu altéré. […]
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