La connaissance préalable des fonctions et des mécanismes qui sont à l'œuvre dans un organisme est indispensable à la compréhension des symptômes et des conséquences des maladies. Claude Bernard a en effet montré que, pour la médecine, la science clé était la physiologie, qui, seule, découvrait les mécanismes fonctionnels à l'état normal et à l'état pathologique, fournissant ainsi les moyens de corriger leurs dérèglements. La physiologie est devenue journellement appliquée chez l'homme dans cet objectif. L'appareil respiratoire, plus que tout autre, a bénéficié de cette orientation.
Dans la seconde partie du xxe siècle, l'anesthésie, la chirurgie, la thérapeutique, la rééducation fonctionnelle, la biologie moléculaire ont transformé la compréhension des maladies plus qu'on ne l'eût jamais imaginé. Dans le cas précis de l'appareil respiratoire, il faut retenir que la fonction fondamentale du poumon consiste à introduire dans l'organisme l'oxygène nécessaire à la nutrition des cellules et à rejeter simultanément l'acide carbonique et l'eau qui résultent des décarboxylations, déshydrogénations et oxydations subies par les métabolites organiques utilisés comme source d'énergie par les tissus. La respiration tissulaire et donc la vie elle-même dépendent de la façon dont l'appareil bronchopulmonaire s'acquitte de sa tâche. Toutes ses structures et tous leurs mécanismes assurent, en définitive, les échanges gazeux entre l'air et le sang. Ces échanges se font à travers deux membranes perméables, extrêmement minces, adossées l'une à l'autre, autour de chaque alvéole pulmonaire. En dehors de l'intégrité membranaire, diverses conditions sont nécessaires pour préserver la normalité des échanges. Il faut d'abord que soient conservées l'élasticité et la béance de l'alvéole, assurées par une substance lipidique (surfactant) qui maintient intacte la tension superficielle. Plus importante encore est la nécessité d'une coordination permanente entre l'arrivée de l'air et l'arrivée du sang vei […]
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