3. Les réseaux d'eau et d'assainissement, premiers réseaux urbains
Est-ce parce que les services de l'eau potable et de l'assainissement impliquent le mouvement de fluides ? Est-ce parce que des rapprochements scientifiques eurent lieu très tôt entre l'étude de la circulation sanguine et celle des flux hydrauliques ? Toujours est-il que l'histoire fait mûrir le concept de réseau un peu plus rapidement chez les ingénieurs hydrauliciens que chez les ingénieurs routiers ou militaires.
Initialement, pourtant, on traite non de réseau mais de « lignes » d'eau ou de « lignes » d'égout. La ligne d'eau apporte le liquide pur depuis sa source jusqu'à la fontaine. La ligne d'égout évacue les eaux pluviales souillées des déchets de la rue vers la rivière. Ce principe consistant à considérer des lignes est largement dominant à la fin du xviiie siècle lorsqu'on commence à se soucier sérieusement de la salubrité des villes. Il ne faudra qu'une cinquantaine d'années pour qu'adoptent le terme (et le concept) de réseau ceux qui doivent assurer aux grandes villes de l'époque le service des eaux et des égouts.
Sans entrer dans le détail d'une histoire qui commence à être mieux connue, on peut dessiner à grands traits cette évolution.
Pour l'eau, il y eut d'abord la nécessité de délivrer l'eau potable dans les différents quartiers, donc de subdiviser le débit provenant de la source tout en assurant la pression nécessaire aux différents points de distribution. Le principe adopté est alors, schématiquement, celui de la distribution en arbre : conduites principales, secondaires... Mais l'utilisation de plusieurs sources d'alimentation et les problèmes d'équilibrage obligent à tempérer ce principe par un minimum de mise en relation des racines, des branches entre elles, conduisant à un maillage du « réseau » qui devra être pris en compte pour le dimensionnement des canalisations.
Pour les égouts, les préoccupations de nettoyage hydraulique des rues amènent à combiner les lignes d'égout pour les adapter au maillage viaire. En même temps, toujours pour le dimensionnement des nouveaux égouts à construire, les ingénieurs devront travailler à l'échelle du bassin versant, unité hydrologiquement pertinente, que l'on devra considérer comme desservie par un ensemble de lignes d'égout connectées entre elles. Là encore, la figure dominante est celle de l'arbre, de l'égout secondaire au collecteur principal puis à l'émissaire, mais des liaisons transversales, des collecteurs de ceinture viennent mailler le système et renforcer sa topologie de réseau.
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