5. Une économie défaillante
Les destructions dont cette voie ferrée a souffert sont à l'image de l'économie congolaise. Sa coupure fait monter les prix dans la capitale et décourage les investisseurs. C'est un point très sensible de la stabilité du pays, qui conduit le président Sassou à concentrer dans le nord, peu peuplé, la plus grande partie de l'aide à la reconstruction, avec un intérêt particulier pour les voies de communication désenclavant la région : routes vers le Cameroun et le Gabon et aéroport international d'Oyo.
Jusqu'en 2004, les tentatives de redressement de l'économie sont freinées par la baisse du prix du pétrole dont la production décline. La croissance est décevante et le F.M.I. exerce de fortes pressions sur Brazzaville pour obtenir une amélioration de la discipline budgétaire. L'enjeu des négociations avec les institutions financières internationales porte sur un accord ouvrant la voie à une annulation partielle de la dette. Un ministre de l'Économie crédible est nommé (Roger Andély) en 2002 ; il quitte le gouvernement dès la conclusion de l'accord en 2005.
L'absence de transparence dans la gestion de la rente pétrolière est au centre des critiques des bailleurs de fonds. En 2005, l'opposition congolaise mène une campagne sur ce thème. Les dividendes de la Société nationale des pétroles congolais (S.N.P.C.), qui commercialise 20 p. 100 de la production pour le compte de l'État, n'alimenteraient que partiellement et épisodiquement le budget de l'État. Ces fonds seraient gérés de manière discrétionnaire par le pouvoir qui peut aussi bien acheter une clientèle politique (une centaine d'indemnités de ministre serait ainsi régulièrement distribuées) que payer des arriérés de salaires aux fonctionnaires avant les élections.
Depuis 2004, la hausse du cours du pétrole permet de dégager des surplus financiers qui alimentent le remboursement de la dette ; cependant le Congo demeure le pays le plus endetté du monde par habitant et la lutte contre la pauvreté, au centr […]
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