3. Une interminable sortie de conflit
La restauration de Denis Sassou-Nguesso s'accompagne d'un ralliement de l'ensemble des factions, à l'exception des leaders déchus, Pascal Lissouba et Yhombi Opango. Bernard Kolelas, ayant engagé ses milices à leurs côtés durant les derniers jours des combats, est aussi contraint à l'exil (quelques années plus tard, les mécanismes de collusion de l'élite politique ramèneront finalement ces deux derniers au pays, après les élections de 2002). Le règlement de la crise politique s'effectue selon les modalités rodées au temps du monopartisme officiel. Sassou Nguesso, ayant su profiter des divisions de ses adversaires, s'impose après la prise de Brazzaville avec un gouvernement quasi inchangé par rapport à 1991. Au fil des années, il agrège progressivement la quasi-totalité de ses adversaires. Par la même occasion, il parvient à disqualifier la tentative de démocratisation qui l'a tenu à l'écart du pouvoir pendant cinq ans. L'installation d'un nouveau régime s'étale sur une durée aussi longue (jusqu'aux élections de 2002) et la stabilisation de celui-ci n'est pas acquise définitivement près de dix ans plus tard.
Le pouvoir se trouve en effet confronté à une situation critique dans plusieurs secteurs sensibles. La guerre civile continue de manière sporadique dans certaines zones du Sud et resurgit parfois dans la capitale. Les infrastructures économiques – à l'exception des installations pétrolières sanctuarisées sur la côte – ont subi de lourds dégâts. Les institutions issues de la transition démocratique sont balayées.
Les mesures mises en œuvre, avec l'appui de l'aide internationale, selon un scénario de sortie de conflit déjà rodé dans d'autres pays, n'apportent que lentement des améliorations. Toutefois, malgré des indicateurs plus rassurants après 2002, la stabilité du régime et la reconstruction du pays demeurent menacés par l'accroissement de la pauvreté et par les séquelles de la guerre, dont les crimes n'ont été jugés que de manière partiale.
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