On appelle ainsi l'éphémère république soviétique que connaît la Hongrie d'avril à juillet 1919. Comme en Russie, la révolution bolchevique hongroise est précédée d'une révolution bourgeoise et démocratique qui se substitue à l'Ancien Régime. À Budapest, la révolution du 31 octobre 1918, dirigée par un aristocrate libéral et francophile, le comte Michel Károlyi, tente d'arracher le pays à la guerre et à l'autorité des Habsbourg. Au cours de la guerre s'est constitué un bloc du suffrage universel, composé du Parti de l'indépendance (héritier des traditions libérales et nationalistes de Louis Kossuth), du Parti radical bourgeois et du Parti social-démocrate. Le bloc est d'accord sur quelques points essentiels : accorder le suffrage universel et les libertés démocratiques ainsi qu'une large autonomie aux minorités non hongroises, accomplir la réforme agraire, maintenir à tout prix l'intégrité du territoire national. Or, Károlyi se heurte à des difficultés gigantesques face aux aspirations populaires et aux exigences des puissances de l'Entente, tandis que les forces conservatrices (haut clergé et grands propriétaires fonciers) ne facilitent guère sa tâche. Aussi Károlyi, découragé, […]
