3. Les copies d'époque impériale
Cette première vague de production intensive, destinée à satisfaire l'appétit de la clientèle romaine, fit place, à partir d'Auguste, à une activité plus différenciée : les copies conformes de statues grecques semblent avoir cédé le pas aux adaptations et contaminations de types grecs. Le style néo-classique augustéen est en partie fondé sur cette combinatoire, dont témoignent les statues officielles qui donnent le ton. C'est un sculpteur grec signant « Cléoménès, fils de Cléoménès, Athénien » qui a réalisé, probablement à Rome entre 40 et 30 avant J.-C., une statue-portrait où l'on a cru reconnaître Octavien, le futur Auguste (Louvre, MA 1207) : la tête, portrait aigu et retenu à la fois, est greffée sur la copie d'une statue d'Hermès datant de 460 avant J.-C. (type dit de l'Hermès Ludovisi), dont le style « sévère » atténue le contraste entre le visage émacié et le corps athlétique. Le sculpteur retrouve donc ici quelque initiative ; il lui revient de choisir un type de corps compatible avec la tête-portrait, afin que la statue présente une certaine unité. Dans le domaine de l'art funéraire, plus industrialisé, l'adaptation est différente : les ateliers disposaient d'un stock de statues toujours prêtes dont seul le visage inachevé restait à sculpter à la ressemblance du défunt.
Même dans ce prêt-à-portrait, la mode change ; pour les statues de femmes, le type dit de la Pudicitia, en vogue au ier siècle avant J.-C., est remplacé à partir d'Auguste par les types de Déméter et de Coré dites les deux Herculanaises : la Grande Herculanaise est utilisée pour les statues de femmes âgées, la Petite, pour les jeunes filles non mariées. Les deux types étant restés en vogue jusqu'au iiie siècle après J.-C., les portraits qu'ils portent permettent de dater ces copies et montrent l'évolution du goût et de la technique, même dans un art aussi répétitif et à première vue sclérosé. À mesure que l'on s'éloigne de la période hellénistique, le sens plastique va s'émoussant, et les […]
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